La rentrée littéraire de septembre 2018

Certains ont déjà préparé leurs crayons et leurs nouveaux cahiers, d’autres trépignent d’impatience dans les librairies. Le compte a rebours de la prochaine rentrée littéraire à débuté ! Si vous aussi aimez dévorer des piles de livres, nous en avons sélectionné quelques-uns pour cette rentrée 2018 !

Les Bracassées

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Fleur, une dame de 76 ans, obèse et agoraphobe, vit recluse dans son appartement de la rue des Soupirs et ne sort que pour quelques courses et surtout ses rendez vous avec le docteur Borodine. Un jour, elle rencontre Harmonie, une jeune femme de 26 ans atteinte du syndrome de Gilles de La tournette avec son bras plâtré et un gros sac à dos, en train de détrempée son paillasson. Ajoutez dans une sorte de magnifique inventaire à la Prévert, d’autres amies un peu particulières. Ce roman de Marie-Sabine Roger est une ode à la singularité. Car dans cet excellent nouveau roman, l’auteure du fabuleux La tête en friche nous régale, de situations cocasses en rebondissement imprévus, tout en portant un regard lucide sur nos peurs des handicaps, notre acceptation de l’autre et de ses différences.

« J’ai rendez-vous à 18 h 15 avec la jeune femme qui m’a téléphoné pour l’annonce, et je me suis aperçue après son appel que je n’avais même pas pensé à lui demander son nom. C’est stupide de ma part, et d’une telle indélicatesse ! Je n’ai pas osé la rappeler. Je me le suis vertement reproché, même si j’ai des excuses, car parler au téléphone est bien trop pénible pour moi. Le docteur Borodine m’encouragerait à ce genre d’exercice, j’en suis sûre. Il aurait certainement raison. Malgré tout, si je peux éviter de me mettre toute seule dans des situations que je déteste, je ne vais pas m’en priver. Thérapie ou pas thérapie.

Je ne sais pas de quelle façon cette jeune femme aura interprété mon manque de curiosité. Je ne voudrais pas passer à ses yeux pour une de ces personnes prétentieuses pour lesquelles une employée de maison en vaut une autre, sans qu’il soit nécessaire de connaître son nom. » Extrait, Les Bracassées, Marie-Sabine Roger.

Pleurer des rivières

Pleurer des rivières

Franck et Mériem sont un couple de gens du voyage. Ils s’aiment énormément et ont une famille nombreuse avec sept enfants. Ils attendent d’ailleurs bientôt le huitième et cela n’est pas facile de s’en sortir financièrement avec une telle tribu. Franck travaille beaucoup. Un jour, le moteur de son camion lâche. Sans aucun argent pour les réparations, il accepte de participer à une combine douteuse. L’affaire tourne mal, Franck est arrêté et s’appuie sur son avocat commis d’office pour ne pas aller en prison. Julien, l’avocat, est installé avec sa femme dans une vie bourgeoise. A l’inverse de Franck et Mériem, Julien s’offre ce qu’il veut. Toutefois, il ne parvient pas à avoir d’enfant avec sa femme. Franck est relaxé mais il est toujours dans le besoin. Les deux épouses, en plein désarroi, vont alors s’épauler pour sortir mutuellement de leur détresse. Avec ce premier roman, l’auteur Alain Jaspard célèbre l’humain au-delà des stéréotypes. Il nous fait réfléchir sur nos idées reçues et sur les lois derrière lesquelles ont se réfugie.

« La neige s’est mise à tomber, les flocons virevoltaient dans la lumière jaune du phare borgne, c’était poétique, mais la poésie quand tu viens d’emplafonner ton gagne-pain dans un lampadaire, c’est très superflu. Sammy a allumé une clope. « Saloperie de diode ! » Il a appelé Franck qui a râlé d’abord, c’est pas une heure pour réveiller les gens. Mais il s’est extrait des bras chauds et moelleux de Mériem, s’est habillé, a réchauffé un fond de cafetière, a versé le café dans une Thermos, Mériem a marmonné dans son sommeil, elle sentait que Franck n’était plus dans le lit et puis elle s’est rendormie. Franck a enfilé une veste en cuir, noué un cache-nez, pris son chapeau, il s’est retourné pour regarder Mériem qui respirait doucement, ses cheveux blonds répandus sur les draps, on dirait une étoile dorée comme celle qui décore le haut du sapin à l’église, il l’a trouvée belle, a éteint la lumière, il est sorti en prenant soin de fermer sans bruit la porte de la caravane pour pas réveiller les enfants.  » Extrait, Pleurer des rivières, Alain Jaspard.

Dans la vallée

Dans la vallée

Nous sommes au sud de l’Irlande, au 19ème siècle dans un village frappé par la famine où le temps semble s’être arrêté. Les us et coutumes semblent bien loin de notre temps presque du Moyen Age. Nóra Leahy a perdu son mari et sa fille. Elle se retrouve seule à élever son petit-fils Micheál, 4 ans, incapable de parler, de se tenir debout ni même assis. Alors que l’enfant commençait à parler quelques années plutôt, elle pense que quelque chose lui est arrivé, peut être a-t-il été échangé par les Fairies, ces fées qui lancent des malédictions. Nóra est prête à tout pour faire sortir le démon du corps de l’enfant. D’autant que les mauvaises langues sont à l’affût dans le village. Heureusement, elle engage une jeune servante, Mary, qui vit seule dans la lande et parle le langage des plantes. Elle va l’aider à sauver le petit Micheál. Ce livre d’Hannah Kent nous entraîne dans les méandres de l’Irlande profonde. Un roman empreint d’humanité et de férocité que l’on ne peut lâcher.

« Certains êtres sont différents. Ils sont nés comme ça, sur le bord du monde. Ils savent voir ce que d’autres ne voient pas. Pour eux, les rivières ne coulent pas de la même façon.  » Extrait, Dans la vallée, Hannah Kent.

Brexit Romance

Brexit RomanceMarguerite Fiorel, 17 ans, jeune soprano française, fait un voyage à Londres avec son professeur Pierre Kamenev, pour aller y chanter dans Les noces de Figaro. Ils rencontrent Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète nommée Brexit romance. L’objectif de cette société est d’organiser des mariages blancs entre Français et Anglais, afin que ceux-ci obtiennent un passeport européen. Entre romances arrangées et quiproquos, ce nouveau job ne sera pas si simple. Après Songe à la douceur et Les petites reines,  l’auteure Clémentine Beauvais se penche sur un sujet d’actualité un peu épineux: le Brexit. Dans ce roman espiègle et léger, elle aborde ce sujet sérieux qui va déterminer l’avenir de la jeunesse anglaise.

« Pardonnez-moi’, dit Cosmo, ‘je suis d’une absolue impolitesse. Il est entièrement possible que vous vous offensiez de ma curiosité.’ ‘Je ne m’offense’, murmura Kamenev dans un anglais rocailleux, ‘de rien.’ ‘Ah ! Dans ce cas-là, très bien.’ ’S’offenser, c’est un truc d’Anglo-Saxons’, poursuivit Kamenev. ‘Quite’, dit Cosmo (ce qui voulait dire oui, en effet, certainement, nous sommes d’accord, un peu, vu de cette manière, mais enfin, oui et non, et cependant c’est très vrai). » Extrait, Brexit Romance, Clémentine Beauvais.

Nous, les vivants

Nous les vivantsJonas est un pilote d’hélicoptère aguerri, chargé de ravitailler le refuge de Maravilla dans la cordillère des Andes. Perché à 4200 mètres d’altitude, peu de pilotes souhaitent s’y rendre tant les conditions sont extrêmes aussi bien en termes de météo que d’altitude. Mais lui aime la sensation que procure le dépassement de soi. Jonas va se retrouve bloqué en haute montagne par une tempête. Il va devoir rester dans un refuge, entouré du gardien et d’un homme étrange prénommé Jésus. Ce dernier est chargé de surveiller la frontière entre l’Agence et le Chili et va devenir peu à peu une sorte de prophète qui l’entraîne dans une expérience étrange. Alors que le ravitaillement ne devait prendre que quelques minutes, ce voyage prend la forme d’une expérience bien plus profonde voire mystique. C’est un roman envoûtant que nous propose Olivier Bleys entre poésie et volonté de vivre dans l’instant présent.

« Je manoeuvrai le loquet de la porte, qui se détacha de la verrière dans un poudroiement de neige. Malgré l’altitude, l’air était doux, tiédi par le soleil et le brassage des pales. En ôtant mon casque, je sentis s’épanouir mes oreilles comprimées par la calotte. Le sang recommença d’y circuler, et les bruits du dehors d’y retenir. Le moteur s’éteignait dans un mugissement grave. Au bout de la queue, dans cette région d’air trouble où s’ébattait le rotor, la forme des hélices émergeait peu à peu. » Extrait, Nous, les vivants, Olivier Bleys.

Hiver à Sokcho

Hiver à Sokcho

Une jeune Franco-coréenne vit à Sokcho, une petite ville portuaire de la Corée du Sud proche de la Corée du Nord. Durant un hiver glacial, elle rencontre un français de Normandie, auteur de bande dessinée venu chercher l’inspiration. Il arrive dans la pension où la jeune femme travaille. Très intriguée, la jeune femme va lui servir de guide afin de découvrir la vie à Sokcho. La jeune femme, à moitié française et qui n’a jamais connu son père, se sent attirée par le voyageur. Un lien se noue entre les deux êtres. Ce récit intime nous porte par les frôlements et les caresses de corps. Poétique, ce roman met en exergue le métissage des cultures. Un voyage au coeur d’une culture fascinante.

« Les clients étaient rares à cette période. Un alpiniste japonais et une fille d’à peu près mon âge, échappée de la capitale pour se remettre d’une opération esthétique du visage. Elle était là depuis deux semaines, son petit ami venait de la rejoindre pour dix jours. Je les avais tous logés dans la maison principale. Depuis le décès de la femme de Park l’an passé, la pension fonctionnait au ralenti. Park avait vidé les chambres du premier étage. En comptant la mienne et celle de Park, toutes étaient prises. Le Français dormirait dans l’annexe. » Extrait, Hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin.

La papeterie Tsubaki 

La papeterie TsubakiDans la station balnéaire de Kamakura au sud de Tokyo, Hatoko, vingt-cinq ans, reprend la papeterie de sa grand-mère. Celle-ci l’a élevée, lui a transmis son amour de la calligraphie et lui a inculqué avec sévérité son métier, celui ‘écrivain public. Dans la lignée de ces femmes calligraphes, la jeune femme espère trouver une place dans ce monde où la correspondance est envoyée aux oubliettes de l’Histoire, où les réseaux sociaux envahissent nos communications et le portable permet d’un simple clic d’éliminer la corvée des voeux par exemple. Elle est soutenue par sa voisine qui, avec sa cuisine, lui rappelle les saveurs et les parfums de son enfance. Petit à petit, elle réalise qu’on a toujours besoin d’un écrivain public car pour les questions délicates, rien de mieux qu’un courrier. L’auteur montre que la correspondance qui semble désuète, garde une importante aujourd’hui encore. Un roman qui met en avant les traditions et la culture japonaise autour du papier pour notre plus grand bonheur.

C’est bientôt la rentrée! Profitez-en pour vous remettre à la lecture! L’occasion de découvrir de nouveaux romans et d’élargie son horizon. Retrouvez notre article 10 livres à lire cet été 2018, pour vous inspirer davantage.

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Quel livre pensez-vous lire à la rentrée? Dites-nous dans les commentaires ci-dessous!

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